mardi 25 mars 2014

Un second stage de chant traditionnel


Il y a bien longtemps, je vous avais parlé de mon premier stage de chant traditionnel, effectué sous la houlette de Robert Bouthillier. Si je n'en avais pas suivi d'autre depuis, ça avait surtout été par manque de possibilité, ayant malheureusement raté les rares occasions qui s'étaient présentées dans ce domaine. Mais, ça y est, je viens d'assister à mon second stage !
Le week-end du 15 mars, Je me suis à nouveau rendue en Champagne, à l'initiative de l'association "Le Jardin de Fol" pour assister à deux jours de stage donnés par Catherine Perrier. La dame en question est une mine d'information dans le domaine, aussi bavarde qu'elle est précise. J'ai donc à nouveau appris plein de chansons, ainsi que leurs provenances et les conditions de leurs collectages, dont beaucoup effectués par Catherine elle-même. Mais ce stage s'est tout de même révélé très différent du précédent. Cette fois-ci, par exemple, nous avons étudié pas mal de chants "à mener et danser". Nous avons donc dansé les airs tout en les apprenant car les deux sont intimement liés, la moindre erreur rythmique dans le chant rendant de fait la danse impraticable. J'ai donc appris les pas de la Grand'danse, ainsi que du Rond de l'île d'yeu et du Branle gay que je ne connaissaient pas, et révisé ceux de la Ronde à 3 pas du pays de Caux, du Pilé menu et du Tricot (Hanter-dro/Andro).
Une autre différence importante entre les deux stages est venue de la capacité assez impressionnante qu'a Catherine Perrier de renvoyer avec facilité chacun dans sa zone d'inconfort. Je m'explique. Quand on chante depuis longtemps (ce qui est mon cas) il y a un certain nombre de choses sur lesquelles on ne se pose plus de questions, sur lesquelles on fait confiance aux réflexes acquis à force de pratique. Pour certaines c'est une plutôt bonne chose (la technique de respiration par exemple), pour d'autres par contre, cela peut s'avérer plutôt contre-productif. C'est notamment le cas de tout ce qui concerne l'interprétation. Dans ce domaine, tous les réflexes que l'on peut acquérir, toutes les "systématisation" sont en effet à proscrire, afin de permettre à chaque chanson d'être considérée comme unique et traitée comme telle, car ce n'est qu'à ce prix qu'on pourra en donner la meilleure interprétation possible. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire d'avoir régulièrement quelqu'un qui vous titille, vous amène à prendre du recul sur votre façon de chanter et à remettre en cause vos choix d'interprétations afin qu'il demeurent de vrais choix et non des réflexes conditionnés par l'habitude. Et j'ai pu constater durant ce week-end que voila un rôle dans lequel Catherine Perrier excelle.

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